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 Ratures diverses et avariées

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MessageSujet: Ratures diverses et avariées   Dim 10 Mai - 19:20

Mon truc à moi c'est d'écrire, un peu de tout, un peu tout le temps. J'ai toujours un carnet et un vieux stylo sur moi.
Ce que j'écris ne vaut pas grand chose mais aujourd'hui j'ai envie de le faire partager un minimum.
De toute façon, mon livre ne sortira jamais de ma tête et c'est mieux comme ça.
Voici donc mes Ratures.
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MessageSujet: Dis-moi Dimanche   Dim 10 Mai - 19:21

Dis moi dimanche, c'est quoi qui te démanges? Le chat ronronne sur le canapé, et le soleil vient le happer. Par la fenêtre j'ose plus sauter, dis moi Dimanche qu'est-ce que tu m'fais? Le thé bouillonne dans la bouilloire et le soleil a peur du noir, dis moi dimanche comment tu fais pour que ça me dérange? J'regarde ma clope se consummer, j'ouvre un bouquin pour mieux, le refermer. Dis moi dimanche c'est quoi l'problème, t'aurais pas pu être comme les autres, jours de la semaine. Là-bas y'a l'Amerique le gout amer du fric, et là-bas y'a la mer qui vient s'écraser sur les briques. Dis moi Dimanche ça t'fout la trique? Plus loin encore on brule les corps, et ici dans leur canapé les darons regardent la télé, regardent le darfour s'épuiser, dis moi Dimanche qu'est-ce que tu fais? Les idées noires injustifiées viennent se planter dans ma journée, dans mon petit confort Français, dis moi Dimanche pourquoi t'es né? Dis moi Dimanche c'est quoi qui t'branches, est-ce que t'as traversé la Manche? Est-ce que tu reviens chaque semaine, ton sac à dos rempli de haine, est-ce que tu fais le tour du monde, pour venir nous ramener l'immonde? Le chat ronronne sur l'canapé, ici rien ne peut lui arriver et c'est à prendre ou à laisser. Dis moi dimanche comment tu fais, tu m'glaces les hanches tu m'fais pleurer. Dis moi Dimanche tu fais la planche, sur l'eau calme de nos journées, à croire qu'il n'y a ni tempète ni anges qui daigne vouloir te couler. Dis moi Dimanche j'vois le monde qui penche, le système chaque semaine qui s'enlenche, dis moi Dimanche qu'est-ce que tu manges? Le chat ronronne sur l'canapé et j'écoute la nuit tomber, et pendant que certains s'envolent, d'autres se font clouer au sol. Dis moi Dimanche tu ne t'en voudras donc jamais? Si j'avais été Dieu, je ne me serais pas reposé.
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Irmeyahou
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Dim 10 Mai - 19:53

Oh, j'aime beaucoup! I love you Je n'ai pas pu m'empêcher de le lire à voix haute pour bien entre les rimes. C'est chouette, ça claque.
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Linia
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Dim 10 Mai - 20:01

J'adore également I love you
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Megaera
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Dim 10 Mai - 20:49

Une quasi chanson pour le rythme...
Je te tire mon bicorne, c'est un plaisir à lire. Un savant mélange de léger, de grave, de banal, de fouillis.
J'aime bien tes ambiances.
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Lun 11 Mai - 16:01

Merci beaucoup, je suis contente que ça vous plaise mais je dois vous prévenir, c'est surement mon texte le plus rythmé, ne vous y habituez pas trop ...

Suspension

Trois petits points pour tous les mots que personne ne sait dire. Trois petits points sur les quels on pose la tête pour s'endormir. Plus visuel qu'une promesse, et plus classe qu'un dauphin. Parce qu'on reste en suspend, là ou toutes les choses tombent. Trois points sur nos peaux d'inhumains, pour tout ce qu'on a fait et ce qui reste à faire.
Lundi. Je sers du café. Le bruit du moteur qui lance les aiguilles. Sortir le materiel, ranger le materiel, j'ose exiger que ça devienne une habitude. Sans sucre? D'accord. Agathe raconte une histoire pour enfants en léchant son collage. On avait pas fait d'aussi beau lundi depuis la seconde guerre, j'en suis sûre.
J'ai des taches de thé sur les pompes et plus grand chose à vous servir. Quelques danses illégales avec le vent peut-être, et l'orgasme des yeux quand ils se ferment enfin. Trois fois rien, petits points.
On a jamais vu d'écrivain écrire aussi mal, j'en suis presque certaine. Je me demande une chose, c'est comment fuir ce truc pyramidale qui se construit si vite et qui nous tuera tous ? J'ai l'impression de ne faire que ça, reproduire les schémas des pas moins cons que moi. Bon, c'est pas grave. L'écriture est comme le sommeil je ne sais pas pourquoi, c'est à dire qu'elle me fuit et m'attrappe au détour d'un instant rien du tout, qu'elle transforme en monarque.
Une fille en manque pousse la porte et des soupirs avec, je décompose les syllabes du mot dé-pen-dan-ce. Danse. Une fille pousse la porte, je la connais, elle tape du pied, je ne la connais plus, je décompose les syllabes du mot. Une fille me paye une blonde. Je la connais. Une fille est trés jolie. Une fille pete un cable. Je ne la connais plus. Dé-pen-dan-ce. Danse. La routine finalement. On lui dépanne du sucre, à défaut d'autre chose.


Dernière édition par Sale-fée le Mar 12 Mai - 7:25, édité 1 fois
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-Dreamy-
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Lun 11 Mai - 19:06

J'aime beaucoup, c'est vraiment bien en plus d'être très agréable à lire.
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Megaera
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Lun 11 Mai - 19:20

Ca me fait penser à de la poésie de Kérouac. T'as lu sa poésie? Mexico city blues est pas mal, et ça y ressemble un peu...
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Irmeyahou
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Lun 11 Mai - 19:47

C'est quand même très rythmé, ce que tu écris. Tu dois passer un temps fou à trouver les mots adéquats. Je suis d'accord avec Anna, il y a un mélange de léger et de grave, c'est intrigant. (j'ai toujours voulu lire Sur la route de Kerouac, c'est bien, dis, Ma Reine?)
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Megaera
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Lun 11 Mai - 19:57

Ah je sais pas, je l'ai "boycoté" parce que trop connu. J'ai préféré me tourner vers ses poèmes. Délirants.
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RoCkSanne
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Mar 12 Mai - 15:50

Ton premier texte me touche plus que le second, mais j'admets que dans les deux il y a vraiment un univers, ton univers, et extrêmement bien écrit. Tu as vraiment du talent, bravo! Smile
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Mar 12 Mai - 16:45

Merci encore :]
J'ai jamais lu de Kérouac, j'y songerai.
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Mer 13 Mai - 16:02

Can you hear me ?


Il y a le sac à dos, mes pupilles qui petillent, mes envies d'ailleurs.

Et puis il y a le reste. C'est toujours pareil, le telephone sonne alors on le cherche de la main dans sa poche, on décroche, allo? Et la nouvelle tombe comme une enclume. Judy est morte.

C'est toujours pareil, si on était en train de marcher on s'arrète, si on était en train de boire on s'étouffe, si on était en train de rêver on se reveille.

Je suis en colère aprés cette pute de vie, il y a un problème.

Quand j'étais petite on me disait qu'avec de l'imagination, on pouvait aller loin dans la vie. Je constate qu'on m'a menti.

Des années entières à y croire, des années entières à se concentrer, à donner tout ce qu'on a, à se sacrifier corps et âme pour la construction d'un monde qui ne verra jamais le jour et qui ne me mène nulle-part. On ne paye pas de loyer avec l'imagination, on ne fait pas la vaisselle, on ne remplie pas le frigo, et on ne réssucite pas les morts.

Passer sa vie à interpreter chaque signe, chaque détail, à essayer de créer des liens entre les evenements, et s'y perdre. Tenter de ronger, jour aprés jour, la frontière qui sépare le possible de l'impossible, être persuadée au plus profond de soit que quelque chose va arriver, être persuadée que si on se concentre encore et encore, la glace se brisera.

Judy est morte. Comme d'autres avant elle, et comme nous aprés elle, m'obligeant à parler d'elle au passé alors que je n'ai jamais eu le temps d'en parler au présent. Lou me dit d'une voix tremblante, qu'elle a fait ce rêve cette nuit là, ce rêve étrange qui.. Stop. Ca suffit. Pourquoi? Qu'est-ce qu'il faut faire, qu'est-ce qu'il faut croire, hein? Des signes, des clins d'oeil du destin c'est ça? La vie aurait donc prit la peine de venir nous prevenir que sa copine la mort allait passer dans le coin, c'est ça qu'il faut croire? Il y a tout qui se mélange, arrète, arrète de croire qu'en dehors du réel y'a encore du réel, ça ne marche plus, je..

Je me souviens de ce chat blanc allongé sur la route, les yeux grands ouverts, oh il est trop mignon. Mort. Est-ce que c'est un jeu? Je ne trouve pas ça drole. Pourquoi est-ce qu'on nous donne des morceaux d'espoir si c'est pour.. Tous ces trucs étranges, l'instinct, le hasard, le destin, c'est trop flou, ou s'arrète le réel? Je repense à Tarmas et à Léo, à l'etrange sensation qui envahissait ma main lorsque l'un ou l'autre la possedait. Immateriels et pourtant.. Il faut qu'on m'aide. Je creuse des galeries dans ma cervelle, je creuse avec les ongles, et j'ai besoin de savoir. Lou dit qu'elle est désolée, qu'elle ne voulait pas, et moi j'ai envie de taper sur sa tête de mensonge, à grands coups de marteau, menteurs, menteurs, menteurs. J'ai envie de tout effacer, les boyaux qui se tordent, je ne sais plus me retenir.

Je deverse des rivières entières de larmes en serrant le corps de mon Ile contre le mien, le réel me déçoit tellement que je n'ai plus envie d'en faire partie, et je..

Judy est morte. Bordel de merde, ça ne tient pas debout. Si elle avait le papier dans la poche c'est qu'elle a réussi à les grimper, les six étages, pourquoi est-ce qu'elle aurait prit le risque de redescendre, ça n'a pas de sens, comment vous pouvez vous contenter d'une explication aussi vaseuse que celle-là? Elle n'était pas stupide d'accord, elle avait mon âge et elle n'était pas stupide, elle l'était moins que moi en tous cas, ça n'a jamais été un modèle pour personne, peut-être, mais elle savait elle, elle savait à quel point le réel était cruel, pourri de l'interieur, et elle...

Son corps gisant sur le trottoir, je l'imagine, je l'imagine trés bien parce que je connais ce trottoir par coeur, je saurais même vous dire ou sont placés les differentes taches de chewing-gum qui en constellent le bitume, je peux trés bien l'imaginer, mais je ne peux rien faire d'autre. Les lucioles et les violons, ça ne marche qu'à Mille-Pourpre, et j'en crève.

Sacrifier tous ses rêves, sacrifier son sommeil pour un seul et même monde, une seule et même envie, passer toutes ses nuits à se battre, tout ça pour s'écrouler au premier coup de poing réel, et fondre en larme dans une ruelle sombre. Menteurs, menteurs, menteurs. Ca ne sert à rien. Ca ne sert à rien mais c'est trop tard..

On ne peut plus s'arreter, personne. On ne peut pas décider, comme ça, "de ne plus y croire".

L'inconscient fait son travail, il continue d'additioner les chiffres des plaques d'immatriculations et de chercher des formes dans les nuages. Je me souviens de cette fille et de son discours insensé, je me souviens de ses yeux vitreux qui racontait Mille-Pourpre en mélangeant tout. Je me souviens de tous ces hasards et vous aussi, vous ne pouvez pas faire autrement, vous les avez remarqué, les petites choses étranges.

Comme l'impression de frôler la folie de trop prés, comme l'impression que mon crâne n'est pas tout à fait pret pour supporter tout ça. Envie de comprendre, sentir la fragile densité du corps et de l'esprit qui se séparent. La regarder elle, se dire que ça ira, sa main dans la mienne et ses yeux sur ma nuque. Serrer le poing trés fort et chercher le sommeil, comme chaque soir, pour se reveiller a 14h du matin, dans le flou de notre tendresse clandestine.

J'ai encore des millions de choses à dire, de questions à poser, j'ai encore mille raisons d'en vouloir au réel et à son contraire. "C'est l'avant-mort, chérie" dirait-elle. Et moi je me demanderais qu'est-ce qui me gène le plus dans sa phrase : est-ce que c'est le terme "avant-mort", ou bien simplement sa voix monocorde qui m'appelle Chérie comme si c'était pas grave?

Je voudrais repartir à zéro, et si possible avec un bateau. Si je ferme les yeux, est-ce que c'est pire? Je sais que je suis mal placée pour parler de justice, mais j'aimerais bien que ce genre de nouvelles cesse de me tomber dessus aussi rapidement. J'aimerais bien. Respirer. Fatiguée de parler, fatiguée de me taire, quand la moitié du monde en assassine un tiers. Je voudrais le silence, enfin, et puis le vent. Judy je t'en pris, racontes moi le néant.

La seule conséquence réelle de tout ça, c'est que je voulais acheter du roux, et que finalement j'ai volé du noir.
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Megaera
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Mer 13 Mai - 17:31

J'ai lu deux fois ce texte en espérant avoir mal compris. Je l'avais bien compris...
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Dim 17 Mai - 11:41

Silence

Et rien d'autre qu'écrire. Ceux qui ne savent pas feront semblant. Je le dis et je le répète, le jour ou j'aurais envie d'être grande Bob Marley fera du metal. Rien d'autre qu'écrire parce que de toutes façons, il fait beau mais je reste là. La petite fille a fait son lit, elle a bordé les monstres qui attendront le soir, le soleil passe par la fenêtre, elle songe à l'imiter, un instant. Et rien d'autre qu'écrire puisqu'il faut finalement choisir. Quelque chose qui n'est pas la vie mais qui la suit de prés, comme les chiens suivent parfois les hommes. Et quelle vie, sérieux. Je me demande combien de temps je tiendrais entre quatre murs. L'odeur de fauve qui reste en cage, c'est parce que j'ai pas pris de douche depuis au moins ça. Gaëlle a construit un lustre avec des pailles et du carton, c'est assez joli et ça dit : Chacun tout seul, chacun fait rien. Et rien d'autre qu'écrire.
Alors, rallumer le joint. L'étincelle de carton qui s'envole en colombe a quelque chose de poétique. Les Têtes Brulées chantent J'abandonne. Nous sommes le 17 Mai 2009 et c'est l'heure du gouter. Demain j'irais voir Javan et rien d'autre qu'écrire. Un rendez-vous rue du Chat qui pêche, peut-être. Ceux qui ne savent pas feront semblant. Je serais la silhouette glissante comme le savon et je me faufilerai exactement partout. Dans mille ans, j'aurais encore en bouche le gout du malabar et une peluche étrange à serrer fort le soir. Peut-être que ça n'est pas juste mais c'est quand même une chance, on peut aller partout est-ce que vous comprenez qu'on peut aller partout ? Alors, rallumer le joint.
Pourquoi on joue jamais au bord de la mer? Et pourquoi on s'aime pas un peu mieux, et pourquoi la pharmacie ne ferme pas plus tard, et pourquoi ta gueule. Et rien d'autre qu'écrire, c'est jamais assez bien. Mais voilà qu'une étoile tombe dans le verre de lait. Vulgaire et minuscule elle se met à gueuler que la vie c'est maintenant, un pirate aux cheveux rouges éclate de rire derrière mon dos, on met la chair dans les canons, le jour se lève tu vois.
A croire que vraiment, je n'ai rien d'autre à faire et rien d'autre qu'écrire.
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-Dreamy-
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Dim 17 Mai - 16:35

J'aime bien ce texte, il est vraiment bien écrit.
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Megaera
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Dim 17 Mai - 17:51

Y a des bouts très intéressants là dedans. Violent, parfois.
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Sam 30 Mai - 12:53

C'était sans doute stupide de vouloir croire à quelque chose d'honnète. Avoir conscience du métal glacé des armes et du sang chaud qui coule à flots ne permet pas de vivre heureux. Il m'arrivait parfois d'avoir l'envie absurde de me laisser tomber du mauvais côté d'une balance rouillée. Aprés avoir visité le camps des méchants et la naïveté des gentils papillons, j'ai du mal à savoir vers ou me diriger. J'assume pleinement l'absence de mon avenir et la futilité de mes études puisque ça fait longtemps que l'école de la vie m'a choisie.
En deux jours, j'ai pris exactement douze voitures différentes, et aucun des conducteurs n'était pleinement heureux. Certains sont partis voir ailleurs et sont revenus déçus. L'herbe n'est pas plus bleue de l'autre côté, sauf quand on y va pas. On amasse des objets, des histoires, des amours et des peurs qui s'entassent dans le corps et le crâne, on se croit forts. On finit par comprendre que le bonheur se mesure en Instants. Monsieur m'offre un croissant. Lorsque les chaussettes sont trempées, le sourire vaut de l'or. La solitude est vagabonde, je n'ai pas peur de mourir et c'est presque inquiétant.
On s'évade. En s'aimant tellement fort que le monde finit par s'effacer. On choisis des humains parmis les humains, on se créer un troupeau, une meute, une famille solide. Les phalanges se resserent et les mains se font poings. Nos convictions deviennent nos plus grandes richesses, il tatoue sur ma peau un symbole qui me parait fort. On s'accroche. On oublie la destination pour s'abandonner aux voyages.
Raphaël nous écrit des lettres rondes du Chili. Agathe prépare le cake et la coke. Perrine se specialise dans la reliure et je me rends compte que l'objet essentiel de nos vies, c'est le carnet. A spirales, à grands carreaux ou à petites lignes, peu importe. Plum mange son coeur à petit pas, et je trouve qu'elle se fait de plus en plus belle. Les choses sont simples. Dans les series qu'on adore, tout le monde baise avec tout le monde. Quelque chose cloche dans le manège des générations. Je fais des pancakes. J'ai l'impression que tu comprends tout ce que je ne dis pas. Javan fait la gueule. Je rêve que je me noie. Je suis mordue.
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RoCkSanne
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Dim 31 Mai - 17:40

Très très beau. Neutral Vraiment bien écrit.
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Mer 3 Juin - 15:26

Peau

Trop petite, trop grande. Qui gratte, qui mange. Peau. Trop froide, brulante. Peau. Trop blanche, trop noire. Trop grise, peau. Qui frissonne qui décolle. Qui se déchire et s'abandonne. Peau. Pour s'entraimer s'entretuer, pour centre ville. Pénitencier. S'entrelacer ou s'entre aider. Centraliser. Peau. Trop cool trop moche. Qui tient même pas chaud, peau. Peau malade, peau pourrie, bronzée, ou morte. Dessus, dessous, tout froid, tout doux. Peau. Qui va se faitre foutre, qui va se faire belle. Semble parfois se faire la belle. Peau. Qu'on enfile pour sortir les poubelles. Se sent pas belle.
Boire du thé la tête à l'Envers du décor du Désert je vous ressers? Tête la première dans la Théière du Lapin Blanc, froid devant. Jette les cartes sur la table bouffe les dés, t'es capable. Allez coure avale des trains des douleurs des p'tits coeur, en vitrine de l'horreur. Allez cours il fait beau, allez cours, sauve ta peau.
Trop petite, trop grande.
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Linia
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Mer 3 Juin - 15:43

Vraiment, j'aime beaucoup tes textes Cadeau
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Mer 3 Juin - 17:57

C'est tellement bien écrit...

Tiens, hasard total, je viens de tomber sur ton blog Eva Shocked Photos et textes magnifiques Smile
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Megaera
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Jeu 4 Juin - 16:44

J'aime, ça ressemble à une déclinaison...
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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Sam 20 Juin - 18:13



J'en sais rien. Raconte-moi. Fais un schéma. Quelque chose.

Et dis moi, c'est comment d'arreter de vivre. Toi qu'est revenu de l'autre monde, raconte moi. Et dis moi, c'est quoi le buisness, et les armes les plus belles raconte moi, c'est lesquelles? Et comment on fait, pour être le Patron? Bon. Alors, des projets pour l'avenir? On braque une banque et on se tire. L'hexagone c'est trop petit, on manque d'air tu vois ici. Tiens raconte moi la nuit. Les ruelles sombres. Et toi qui sait ce que c'est : Ca fait quoi un flingue sur la tempe, comment on fait crier les ombres?

Raconte au milieu de la nuit, t'as le droit de pleurer. Aprés tout c'est ta vie, ce truc déchiré qui rougit. T'as le droit de pleurer mais, dis moi comment c'était toutes ces années?

Et j'veux qu'on traine la vie, comme moi elle m'a trainé, et j'veux trainer la vie, dans la boue et sur les rochers. Tu voudras bien? Je voudrais bien. Fais gaffe, t'as le poing serré, fais gaffe je crois que tu t'es reveillé. Et j'veux qu'on traine la vie comme elle nous a trainé. Y'a mille façons de se venger.

Les nuits bleues, des types en noirs, avec leurs capuches, leurs rasoirs, leurs putains de regard. Cousins, cousines, mafieux, buisness, les enfants du bitume ont les neurones noyés par l'amertume. Apprends moi à être un gangster.


Une seule devise : Ferme ta gueule.©

On aurait des flingues gros comme le bras, des étoiles d'argent gravés dans le métal froid. Apprend moi.

La fée Clochette a siroté tous les cachets, j'veux plus imaginer. Et j'veux trainer la vie, comme moi elle m'a trainé. Et je supporte pas, de pas avoir le choix. La Fée Clochette aurait donc replongé, j'suis fatiguée. Les vies autours de moi tu vois, se brisent en deux comme des coquilles d'oeufs, le blanc d'un côté et le jaune de l'autre, mais la vie. C'est pas du gateau. Et je ne suis toujours pas, un super héros.


Mais tu vois rien n'est perdu. Même si on a un peu tous l'impression de se perdre de vue. Tout n'est pas perdu. J'croise Mathilde au coin d'une rue, vu que c'est un peu là qu'elle est. A la rue. J'croise des sourires qui veulent y croire, qui donnent espoir. Je crois que la poésie peut encore surgir du brouillard. -La poésie, c'est quoi ce truc? C'est comme une moto qui vient fendre la nuit. -Ah dans ce cas, j'y crois oui. Et ça roule à combien dis moi, la poésie?


Voilà. Les filles et les garçons, les mystères qui tournent en rond, et ceux qui filent leurs corps, avant d'filer leurs noms. On regarde tout ça. La Morsure a posé sa négation dans mes phrases, a donné des rêgles à notre jeu, des pronoms posssifs devant chaque enjeu. J'ai baissé les yeux. Je crois à l'absurde et au surréalisme. Pas de sacrifice pour le reste, pas de pitié pour les peurs tenues en laisse. La peur aux trousses, ouais, jette un oeil derrière toi. Et ensuite on verra.

Moi j'ai serré les poings, affuté mon sourire. Moi je jure que demain, c'est ni comme aujourd'hui ni pire. J'allume une clope, je me pose sur le canapé. Je regarde le globe, tourner. Et on trainera la vie, comme elle nous a trainé.

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MessageSujet: Re: Ratures diverses et avariées   Ven 3 Juil - 18:56

J'ai plus vraiment l'occasion de venir par ici en ce moment, puis ça va pas très bien alors pour la peine, vous aurez droit à un vieux texte pondu dans mon ancienne vie.

Peu importe le nombre de cigarettes fumées, le nombre de joints roulés, les litres d'alcool avalés, les médicaments écrasés, les chûtes & les vertiges, les heures à brûler nos sentiments, et toutes ces nuits insipides. Combien de jour de pluie faudra-t-il pour me laver ?
Cela doit faire cent hectolitre de pluie que je ne parle plus. Je ressasse.
L'interzone sidérale tatoué sur mes rétines. Les seringues oniriques qui s'introduisent dans mes veines, & tout ces paradis artificiels qu'on se prend dans la gueule. I lost my darling. Pardon, je n'en ai plus. Je suis partie, tu es parti, il est parti... de toute façon il n'y a plus personne au compteur de ma perte. Plus jamais personne ne ramassera mes entrailles.
Tu es un vinyle qui craque. Je suis du lait tourné. & comment tu crois que l'on doit finir ?
Je suis devenue une sale petite conne, oui. Aviez-vous un sort plus judicieux à me proposer ?
C'est une banale destinée, je n'ai jamais été quelqu'un de très sympathique. J'ai erré trop longtemps dans nos prisons mentales. Nos remords c'est foutu. I wanna be your cat.
Je lisais l'avenir dans l'écume de ta bière. Quand j'étais petite je voulais être jolie. Je suis un massacre. Je me crée des phobies & des obsessions par dizaine. Paranoïa dans ton café.
Héros des temps nouveaux. Seulement que des branleurs & des pétasses à temps plein. Il faut dire que l'on s'amuse bien, ici. Ici, c'est partout, c'est tout droit là-bas, c'est nulle part. On s'y perd tous les 3 verres. Et pourtant, à l'aurore, on fuit.
Maintenant tu jettes ta cigarette. J'en allume une. Le temps on s'en fout.
Embrasse-moi, je suis saoule. Faisons tanguer nos os. Ecouter ton souffle saccadé dans le creux de mon oreille. S'arracher les clavicules. Ton tissu épidermique sur ma peau.
Lick my legs. Alors, ca y est, tu ne crache plus ? Il y a avait ma langue qui cherchait la tienne.
J'ai toujours fantasmé sur un crime passionnel. Tu te souviens de la matinée de 22h ? Moi, non.
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Ratures diverses et avariées
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